À Noyon, une bibliothèque accrochée aux flancs de la cathédrale

Photo : Chatsam.

À Noyon, la cathédrale n’est pas seulement flanquée d’arcs-boutants mais également… d’une bibliothèque. Et pas n’importe laquelle, comme vous allez le voir. La bibliothèque capitulaire de Noyon se présente comme une longue bâtisse en bois, laquelle fut édifiée en 1506–1507 pour les chanoines (d’où capitulaire) aux flancs de la cathédrale Notre-Dame. Au rez-de-chaussée court une galerie ouverte, cependant que les précieux ouvrages que renferme la bibliothèque se trouvent à l’étage. Une timide adjonction de la première Renaissance à l’architecture du Moyen Âge finissant.

À l’origine, le chapitre ne possédait qu’une poignée de volumes rangés dans un simple armarium, une niche murale. Par la suite, l’augmentation du nombre d’ouvrages conservés par les chanoines nécessita l’édification d’une vraie bibliothèque dans les rayonnages de laquelle ces derniers pouvaient aligner les in-folio de théologie, de liturgie et de droit canon. À la veille de la Révolution, la bibliothèque capitulaire de Noyon était riche de plusieurs milliers d’ouvrages : 5 000 imprimés et 200 manuscrits, pour être précis. Pendant la Révolution, comme partout en France, les biens du clergé sont confisqués et inventoriés. Cela dit, si un certain nombre de livres a été ensuite dispersé, la majeure partie du fonds est restée in situ, ce qui explique que s’y trouvent aujourd’hui encore près de 3 300 imprimés auxquels il faut ajouter une cinquantaine de manuscrits.

Ajoutons qu’en 1918 Noyon est ravagée par les bombardements. La cathédrale brûle, tout comme une grande partie de la ville. Si la bibliothèque échappe par bonheur à la destruction, elle conserve néanmoins les stigmates de cette presque apocalypse : les tranches de certains ouvrages sont lacérées par les éclats d’obus, des couvertures ont été arrachées par le souffle des explosions… faisant de ces ouvrages des livres-témoins qui parlent à la fois de théologie et de la Grande Guerre.