Dans les rues de Québec, de la Nouvelle‑France à la modernité

Ci-dessous : cette carte – due à Kurzon – nous permet de situer l’île de Mélos.

Au voyageur qui arpenterait les rues de Québec, il suffit de lever les yeux pour comprendre combien l’histoire a façonné la ville. Ici, chaque façade semble raconter un chapitre d’un long dialogue entre Français, peuples autochtones, Anglais et Américains. Cette diversité d’influences donne à Québec un patrimoine architectural où les époques se répondent, parfois discrètement, parfois avec éclat.

Si l’on remonte aux premiers temps de la colonie, entre 1608 et 1800, on découvre une ville qui s’invente sous l’inspiration du classicisme français. Les bâtisseurs de la Nouvelle‑France adaptent alors les modèles venus d’Europe aux réalités du climat et du terrain. Les maisons, trapues, rectangulaires, héritières des traditions normandes, s’alignent sagement, comme pour rappeler l’attachement de la jeune colonie à ses origines.

Puis, en s’aventurant dans les quartiers développés entre 1790 et 1880, le promeneur perçoit un changement de ton. L’influence britannique s’y affirme avec assurance : styles palladien et néoclassique, inspirés de la Renaissance italienne et de l’Antiquité gréco‑romaine, s’imposent dans le paysage. Maisons londoniennes, villas et cottages Regency ponctuent alors les rues, introduisant monumentalité, symétrie et une certaine élégance rationnelle qui marque profondément la ville.

À la fin du XIXᵉ siècle, Québec s’ouvre davantage encore aux influences étrangères. Ce mouvement s’accélère au XXᵉ siècle, quand la modernité s’invite à son tour dans le tissu urbain. L’acier, le béton et le verre redessinent peu à peu les silhouettes, témoignages de l’urbanisation croissante et de la volonté de faire entrer la ville dans une nouvelle ère. Ces édifices, parfois audacieux, s’ajoutent à la mosaïque déjà riche des styles qui composent Québec, donnant à la cité un visage tout à la fois multiple et cohérent.

Ci-dessous, un paysage hivernal de Québec au crépuscule, où l'on voit au premier plan le fleuve Saint‑Laurent pris par les glaces dominé par le Château Frontenac, l’un des hôtels les plus célèbres au monde et l’emblème architectural de Québec.


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