Jules Brunet, le véritable dernier samouraï

Ci-dessous : Jules Brunet à Ezo en 1869.

Le Dernier samouraï est un film d’Edward Zwick sorti en 2003 dans lequel Tom Cruise incarne un officier américain. Traumatisé par la violence des guerres indiennes, ce dernier n’a d’autre choix que de participer à la révolte de Satsuma, un conflit qui oppose les derniers samouraïs, les vrais, aux partisans de la modernité. Voilà pour Hollywood. Ce que l’on sait moins, c’est que ce film s’inspire (évidemment très librement) de la vie d’un officier français dénommé Jules Brunet (1838–1911).

Né à Belfort, formé à Saint-Cyr puis à l’École polytechnique, Jules Brunet sert d’abord au Mexique où il se distingue et reçoit la Légion d’honneur. En 1867, il est envoyé au Japon dans le cadre d’une mission militaire française chargée d’accompagner la modernisation de l’armée du shogun Tokugawa.

Officier d’artillerie, Brunet entraîne les troupes du régime dans un contexte de très fortes tensions qui débouchent sur la guerre de Boshin (1868–1869), une guerre civile qui oppose les partisans de l’ancien régime (nobles et samouraïs) à ceux de l’empereur et de la modernité. Lorsque Paris rappelle la mission, Brunet refuse de partir, démissionne de l’armée française et choisit de rester aux côtés de ses anciens élèves. Pour notre homme, l’honneur et l’esprit de corps priment sur les considérations politiques.

Aux côtés de l’amiral Enomoto Takeaki et de dignitaires du shogunat, Jules Brunet rejoint le nord du Japon où il participe à la création de la République d’Ezo à Hakodate (Hokkaidō). Après la victoire des forces impériales en 1869, Brunet – qui échappe de peu à la peine de mort – est rapatrié en France où il est officiellement sanctionné sans que cela ne nuise à sa carrière, laquelle le conduira – après les combats de 70 – au grade de général de division.

Étonnamment, le nouveau gouvernement japonais finit par le réhabiliter avant de lui décerner plusieurs décorations, dont l’ordre du Soleil levant.