L’enceinte du Mans, dûment conservée
Ci-dessus : l’enceinte gallo-romaine du Mans. Photo : Stephvvv.
Au Mans, l’un des plus beaux vestiges de l’Antiquité romaine n’est ni un temple, ni un théâtre, ni un arc de triomphe, mais une muraille, laquelle nous est parvenue dans un état de conservation remarquable.
Érigée durant le Bas-Empire — sans doute entre la fin du IIIe et le début, voire le milieu, du IVe siècle — cette puissante enceinte compte parmi les mieux conservées de tout le monde romain occidental. Longue d’environ 1 300 mètres, l’enceinte romaine du Mans n’était pas immense, mais elle protégeait tout de même le cœur de l’antique Vindinum, la capitale des Aulerques Cénomans, en un temps où l’Empire subissait les raids de ses remuants voisins.
Par ailleurs, et comme vous le pouvez voir sur le cliché que vous avez sous les yeux, cette muraille se distingue tout particulièrement par la beauté de son appareil, les ingénieurs militaires romains ayant alterné pierre claire, grès roussard, brique et mortier afin de composer, sur la façade même du mur, un décor géométrique de losanges, de bandes et de motifs polychromes.
Deux remarques à ce propos. Tout d’abord, le soin tranquille apporté à l’édification de la muraille romaine du Mans contredit l’idée d’une construction effectuée dans l’urgence des invasions, que ces dernières fussent grandes ou moins grandes, comme on l’a dit parfois. L’élégance presque raffinée d’une construction pourtant éminemment utilitaire nous rappelle ensuite éloquemment que l’objet du design — allier le beau et l’utile — ne date évidemment pas du siècle dernier.
* Le nom antique Vindinum est souvent traduit par la citadelle blanche, de uindo- (blanc, brillant) et -dunum (citadelle, enceinte fortifiée, hauteur).