Les Harpes d’Ur, une découverte exceptionnelle… en macabre compagnie
Entre 1922 et 1934, l’archéologue britannique Charles Leonard Woolley, Sir Charles, un, découvre sur le site de l’antique cité d’Ur, dans le sud de l’Irak actuel, alors sous mandat britannique, un ensemble d’instruments de musique tout à fait exceptionnels qu’il put dater d’environ 2 500 ans av. J.-C. !
Le mitan du IIIème millénaire av. J.-C. ! Vous rendez-vous compte ? Cela en fait les plus anciens instruments à cordes de l’Histoire… après ceux trouvés sur le site de Maikop, il est vrai... Plutôt pas mal, malgré tout, non ?
Lors des fouilles du cimetière royal d’Ur Sir Charles découvrit ainsi une harpe et trois lyres d’une exquise et délicate facture… au milieu des squelettes de dix jeunes femmes, dont l’une avait encore le bras posé sur une lyre, comme si elle n’avait jamais cessé d’en jouer. Brrrr.
Une fois les instruments exhumés, les archéologues – dépités - constatèrent que leurs caisses et leurs montants en bois étaient considérablement abîmés… Damned !
Woolley et son équipe n’avaient-il arrachées à l’oubli ces délicieuses merveilles que pour les voir tomber en poussière sous leurs yeux arrondis ? Eh bien, non ! Car les très riches parements d’or et d’argent dont ces instruments étaient recouverts contribuèrent à préserver la structure de ces fragiles objet avant d’en faciliter la restauration. Par où l’on voit l’avantage de l’or sur le bois.
Mais ce n’est pas tout.
Woolley découvrit en outre un coffret en bois que l’on appelle l’Étendard d’Ur. Ce coffret est orné d'une incroyable mosaïque de nacre et de calcaire rouge, sur fond de lapis-lazuli, laquelle mosaïque représente des scènes de guerres et de la vie quotidienne… parmi lesquelles on peut voir un musicien jouer d’une lyre en tous points conforme à celles trouvées dans le cimetière royal. Bingo !
Ajoutons enfin, mais c’est anecdotique, que Sir Charles Leonard Woolley et son épouse – archéologue elle aussi – fréquentaient une certaine Agatha Christie et que sir Charles eut pour assistant, avant qu’il ne fouille le site d’Ur cela dit, un brillant mais timide jeune homme : Thomas Edward Lawrence, notre Lawrence d’Arabie.
Ci-dessous : en haut, un détail de l’Étendard d’Ur où l’on voit un musicien jouer de la lyre. On distingue nettement la tête de taureau qui orne la base de l’instrument. En bas, à gauche, l’une des lyres restaurées. Là encore, la tête de taureau est parfaitement visible.
Enfin, en bas, à droite, une photo de sir Charles en 1929, brandissant (mais avec d’infinies précautions) une lyre à peine tirée de son long sommeil.
L’Étendard d’Ur est conservé au British Museum, tout comme la lyre que l’on voit ici.